Les membres de Seventeen célèbrent leur amour de la musique dans Seventeenth Heaven, devant des feux d'artifices !
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Seventeen célèbrent leur amour de la musique dans Seventeenth Heaven !

Avec huit ans de carrière et un contrat re-signé par l’intégralité des treize membres il y a deux ans (fait assez rare pour qu’on puisse le noter et s’en réjouir), Seventeen célèbrent leur amour de la musique dans Seventeenth Heaven ! Ils remercient leurs fans avec ce nouvel opus, et montrent par la même occasion au public que leur dévotion pour leur art n’a en rien faibli.

Avec 7 titres et 1 version instrumentale, ce mini-album est une fois de plus largement dominé par les compositions de Woozi, membre du groupe et leader de la vocal unit, et de BUMZU, parolier et compositeur historique du groupe. Si c’est à ce duo que l’on doit la quasi totalité de la discographie de Seventeen, on se réjouit de la participation de certains autres membres à l’élaboration des musiques et paroles de cet album, notamment Vernon, Mingyu, S-coups, Wonwoo et Hoshi. Alors, est-ce que ce nouvel essai, en forme de retour aux sources, nous a convaincu ? 

B-SIDE : SOS (Prod. Marshmello)

L’album démarre sur la chanson SOS, dans laquelle on reconnaît immédiatement la patte du célèbre DJ américain Marshmello. Ce morceau s’inscrit dans le prolongement de leur précédent album FML en reprenant les thématiques de désespoir et de renaissance qui étaient déjà au centre de cet opus.  Le refrain scande “Ceci n’est pas ce que tu veux, ce n’est pas le vrai bonheur”, mais la chanson se termine dans l’espoir avec un bridge plein de combativité qui nous rappelle que “nous irons bien, notre lendemain est un jour plus lumineux”. La production fonctionne très bien avec les voix des membres, notamment les raps de la hip-hop team. Entièrement en anglais, les paroles se font suppliantes et le refrain très mélodieux. La structure est très efficace et “SOSs’avère la chanson la plus accessible de l’album.

TITLE TRACK : 음악의 신 (God of Music)

Après ce morceau appelant à garder espoir face à l’adversité, place à la joie ! Au revoir l’egotrip de HOT et Super, Seventeen reviennent aux origines avec leur “God of Music”. Un seul objectif : faire danser ! Dans la digne lignée de leurs premiers succès comme “Adore U”, “Clap” et surtout l’iconique “Aju Nice”, les treize chanteurs signent un morceau entraînant et joyeux, qui entend célébrer leur amour pour la musique et son pouvoir universel. 

Dans cette title track, les garçons chantent la formidable capacité de la musique à rassembler : “un langage universel, peu importe les alphabets différents tant qu’il y a la musique”, “on peut danser même si on ne connaît pas”… Ce thème imprègne la chanson du début à la fin. Et on ne peut que le trouver particulièrement pertinent, dans une ère où certains s’étonnent encore que la K-pop puisse avoir un tel succès dans le monde entier, en dépit de la barrière de la langue. 

Si la thématique de la célébration est aussi bienvenue qu’intéressante, on regrette un peu la composition des mélodies, qui laisse à désirer.  Le refrain, un peu plat, ne parvient pas à tenir la promesse des couplets précédents, qui semblent annoncer quelque chose de plus entraînant. De même, le mix des instruments, entre les cuivres, la slap bass et les accords de guitares funky est trop compressé pour être apprécié. Si on retrouve dans ces choix de productions des éléments de chansons comme “_World” (la touche soul funk) et “Home;run” (le côté comédie musicale), “God of Music”, malgré une thématique ambitieuse et à-propos, manque de souffle épique et d’une mélodie mémorable. 

Focus sur le clip

Seventeen chantent leur succès et le lien qu’ils ont tissé avec leurs fans, les Carats, à travers les continents grâce à leur musique. Les choix de vêtements les transforment en citoyens du monde avec des inspirations sud-américaines et hippies. Avec naïveté et premier degré, caractéristiques de tout l’album d’ailleurs, les membres sont en mission pour apporter de la musique à la planète entière, littéralement. Dans la dernière scène du clip, cette célébration prend tout son sens dans une grande fête rassemblant des personnes de tous les horizons sur le Liberty Bridge de Budapest, formant un visuel inoubliable et qui apporte la touche épique dont manquait la chanson en elle-même. 

B-SIDE : Diamond Days

Cette chanson aurait aussi pu s’intituler “Shining Diamond part. 2”. Hommage direct à ce titre, le tout premier du groupe, ce titre electro-funk reprend les paroles de Shining Diamond et fait la part belle aux voix des membres. La chanson s’inscrit dans la cohérence du reste de l’album et célèbre la relation du groupe avec ses fans, avec des paroles rappelant que “mon coeur n’a pas changé, c’est pareil qu’au début, je me rappellerai de notre premier jour”. Musicalement parlant, le titre ose s’aventurer dans des terrains complètement synthétiques, assez novateurs pour le groupe, et forme un bel hommage aux Carats, la fanbase de Seventeen.

PERFORMANCE UNIT : Back 2 back

La première des unit songs (chansons d’une des trois unités de Seventeen) se place dans la continuité de “Diamond Days” avec sa vibe electro-funk et ses paroles destinées à remercier et célébrer les Carats. On y retrouve aussi la slap bass commune aux deux derniers titres. Le pré-refrain est intéressant car il montre les registres graves des voix des membres et se fait très rythmique. On ne doute pas de l’efficacité de ce titre pour proposer des performances intéressantes à Hoshi, Dino, The8 et Jun !

HIPHOP UNIT : Monster

“Monster” est la rupture de ton halloweenesque de l’album. Profitant de la date de sortie du mini album un 23 octobre, la hiphop unit de Seventeen, composée de Vernon, S-Coups, Wonwoo et Mingyu, nous embarque dans un train fantôme. Vernon se démarque par un rap en anglais très efficace, tandis que la partie de Wonwoo nous effraie avec des cris d’enfants tels des jumpscares. Cette chanson aurait vraiment pu être chantée par Stray Kids, car la production est très similaire, et sort le plus du lot dans Seventeenth Heaven. On y retrouve l’amour de la hiphop unit pour l’egotrip, déjà très présent dans leurs précédents morceaux, avec les paroles de Monster où les membres n’hésitent pas à déclarer “ma vie est comme celle d’une pop star, si tu n’y crois pas, viens à notre concert, tout le monde m’appelle monstre”.

VOCAL UNIT : Yawn

Cette balade, tant sur sa composition que sur ses paroles, est dans la droite lignée de ce qu’a l’habitude de nous proposer la vocal unit de Seventeen (Jeonghan, Seungkwan, DK, Woozi et Joshua). Le titre est particulièrement bien choisi, tant la chanson ne nous surprend pas et est excessivement calme. “Yawn”, ses pianos et ses instruments à cordes synthétiques auraient plus leur place sur une OST de drama que sur un album. C’est dommage, car la vocal line de Seventeen est particulièrement excellente et on regrette un peu de ne pas les voir davantage sortir des sentiers battus.

B-SIDE : Headliner

Cette dernière chanson clôt l’album par un hymne fédérateur. Cet hommage aux Carats place une fois de plus la célébration au cœur du texte, alors que le groupe bascule la relation fan-artiste en chantant aux Carats qu’ils sont “leur tête d’affiche”. Les voix de DK et Seungkwan se démarquent particulièrement dans cette chanson pop, autrement assez peu mémorable. “Headliner” nous offre heureusement un moment dans le bridge pour applaudir tous ensemble, et la version live promet d’être un moment plein d’émotions pour les fans si le groupe choisit de l’ajouter à la setlist de sa tournée !

Hoshi, membre du groupe Seventeen, tenant une torche

VERDICT :

Cet album se veut clairement joyeux, premier degré et un hommage aux fans ainsi qu’à la musique en général. Cette thématique est tenue du début à la fin dans un album dont on ne peut qu’applaudir la cohérence, et cela fait plaisir de voir le groupe célébrer son art et sa carrière après tant d’années d’activité, preuve que les membres de Seventeen ont encore beaucoup de choses à faire ensemble et avec leurs fans. 

Malheureusement, d’un point de vue purement musical, il est compliqué d’apprécier ces belles intentions au milieu de productions peu mémorables, de mélodies fades et de mix inégaux qui ne laissent pas assez de place aux instruments. Cela est particulièrement marquant dans l’instrumentale de “God of music”, titre bonus qui permet d’entendre clairement les différentes nappes d’éléments musicaux.

La renommée de Seventeen et la qualité de leurs talents n’est plus à prouver. Si l’on comprend l’envie de retourner aux origines et de faire une pause un instant pour regarder le chemin parcouru et la force de la relation construite avec les Carats, on regrette un peu l’absence d’expérimentation. Peut-être que les prochains albums seraient l’occasion de prendre le temps d’explorer d’autres horizons, et pourquoi pas de s’entourer d’autres producteurs, ou d’utiliser plus d’instruments lives pour ajouter un côté organique aux chansons.

Pour autant, l’intention marquée par Seventeenth Heaven est très touchante et ravira sans aucun doute les fans du monde entier. Les performances filmées et live permettront en plus d’apprécier pleinement ces 7 titres, dans une ambiance qui sera certainement pleine de joie, d’amour et de fête !

Article co-écrit par Léa et Jeanne

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