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Le fan entrepreneurship ou comment lier k-pop et carrière professionnelle

LE FAN ENTREPRENEURSHIP, QU’est-ce que c’est ?

Que ce soit grâce à votre rôle dans une fanbase ou bien à travers votre participation à des streamings parties, vous avez peut-être déjà fait la promotion de votre artiste préféré ! Bien évidemment, tout cela était une activité bénévole, mais saviez-vous que le fan entrepreneurship peut changer la donne ?

Si ce terme vous est inconnu, le fan entrepreneurship (l’entrepreneuriat par les fans), c’est simplement l’opportunité commerciale et professionnelle que la pop-culture a permis à certains fans. Cet aspect avait déjà été discuté par le chercheur Henry Jenkins qui considérait les fans comme des « consommateurs qui produisent, des lecteurs qui écrivent, et des spectateurs qui participent ». Même si les labels de musique pourraient sembler en grande partie responsables de la réussite de leurs artistes, le pouvoir marketing des fans eux-mêmes ne serait pas à négliger ! On pourrait en effet estimer que ce n’est pas -seulement- grâce aux industries médiatiques et au gouvernement coréens que la k-pop a été popularisée en France. Cela émanerait, au contraire, des fans et de leur utilisation propre des technologies de l’information et de la communication.

Le fansubbing : ce dur labeur bénévole

Si vous étiez déjà fan de k-pop il y a une dizaine d’années, vous vous rappelez sûrement de la galère pour trouver du contenu traduit… Les agences avaient la fâcheuse tendance (et c’est encore parfois le cas) de jouer les aveugles en ne fournissant aucune traduction du contenu de leurs artistes, malgré la demande grandissante…

Qui s’en occupait alors ?

Les fans eux-mêmes bien évidemment ! Parce que oui, bien que les dramas soient aujourd’hui facilement accessibles sur Netflix et compagnie, avant, c’était une autre histoire. Les fansubbers traduisaient bénévolement les dramas et films coréens et les diffusaient ensuite gratuitement sur des forums dédiés. Mais pour atteindre le Graal, il fallait généralement accéder à des vidéos en 320p divisées en 6 parties avec des publicités de 3 minutes. Bref, un vrai parcours du combattant.

Niveau k-pop, il existe encore aujourd’hui de nombreuses chaînes YouTube dédiées à la traduction de chansons et émissions télévisées. Ce travail a permis aux fans de ressentir une plus grande proximité avec les groupes qu’ils aiment, limitée auparavant par la barrière de la langue. Mais…après avoir constaté la popularité du fansubbing, les agences coréennes ont finalement réagi. Comment ? En considérant ces activités de subbing comme du piratage visant à réduire la demande du marché étranger. Le message est clair : les fans doivent cesser de consommer gratuitement ce contenu et doivent y accéder de manière légale.

Mais alors, pourquoi parler de fansubbing lorsque le fan entrepreneurship prend seulement en compte le travail rémunéré ?
Parce que malgré cela, la k-pop a permis de mettre en lumière la créativité et le savoir-faire de ces bénévoles. Et cela a même permis à certain·e·s fansubbers de trouver leur voie professionnelle dans la traduction !

LES Prémisses DU FAN ENTREPRENEURSHIP en france

magazine k-pop français

Nés de la passion pour la k-pop de leurs fondateurs, les magazines spécialisés k-pop semblent être le parfait exemple du fan entrepreneurship. En France,  le Kpop Life Magazine est le tout premier magazine k-pop à avoir vu le jour en juillet 2011. Depuis celui-ci, d’autres magazines semblables ont été publiés, comme K!World, K-pop Mag ou bien K-Girls.

Bien entendu, les exemples réussis de fan entrepreneurship sont nombreux et ne se limitent pas aux magaziconvention korea daynes. C’est notamment le cas de la convention Korea Days de l’association Litchee. Créée en 2015, ce salon propose des stands de nourriture coréenne, de goodies k-pop mais aussi des spectacles de taekwondo, des concours de chant et danse ainsi que des rencontres avec des influenceurs. Ce mouvement de fan entrepreneurship s’est aussi fait par l’implantation de cafés à la thématique k-pop, comme le Kick Café à Paris, fondé par Savannah Truong. C’est en partie grâce à un financement participatif sur Ulule où elle a recueilli 5 700 euros que cette auto-entrepreneuse a pu fonder en mai 2020 le Kick Café. Il s’y organise divers événements : anniversaires d’artistes k-pop, événements autour de dramas, conférences, mais aussi des collaborations avec d’autres acteur·rice·s français·es de l’économie k-pop, comme LULULALA, créatrice de produits dérivés K-pop.

un phénomène profitant à touTES ET TOUS

La différence avec des entrepreneurs lambda se lançant dans l’implantation de bars à cordons bleu, ce serait donc bel et bien la passion (étonnamment ?). Les chercheurs Nissim Otmazgin et Irina Lyan l’ont d’ailleurs bien expliqué : la motivation des fans entrepreneurs n’est pas « purement commerciale mais étroitement liée à leur fandom ». Le fan entrepreneurship semble donc finalement donnant-donnant. D’un côté, ces activités entrepreneuriales élargissent la portée de la k-pop à de nouvelles communautés. D’un autre, les fans ont de nouvelles expériences professionnelles grâce à leur passion. Le rôle des fans dans la promotion des artistes ne serait alors pas moins important que le rôle des maisons de disques elles-mêmes…

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